Skip to main content
Research and Innovation

Une plus forte inclusion culturelle est la clé du progrès social en Europe

©guruXOX #401390108 | source: stock.adobe.com
©guruXOX #401390108 | source: stock.adobe.com

Les activités et institutions culturelles européennes peuvent contribuer au progrès social, mais uniquement si elles s’accompagnent de politiques favorables, selon le projet INVENT financé par l’UE. Grâce à l’une des plus grandes études jamais réalisées sur la culture en Europe, les chercheurs peuvent désormais formuler des recommandations visant à intégrer la culture dans des domaines politiques plus larges, tels que l’éducation, la protection sociale et le bien-être.

PDF Basket

Aucun article sélectionné

Le nouvel Agenda européen de la culture de 2018 et son successeur de 2025, la Boussole culturelle pour l’Europe, constituent une reconnaissance claire par l’UE de l’importance de la culture pour la construction de la communauté et l’identité partagée.

Pourtant, selon Susanne Janssen, professeure de sociologie des médias et de la culture à l’université Erasmus de Rotterdam, aux Pays-Bas, si l’Agenda a permis d’intégrer la culture dans des domaines politiques tels que l’éducation, l’aide sociale et le bien-être, d’importantes zones d’ombre subsistent.

«Il ne considérait pas vraiment la culture comme un élément de la vie quotidienne, ne liait pas plus fermement les objectifs culturels à la justice sociale et ne prenait pas au sérieux les fractures sociales et numériques», explique Susanne Janssen, coordinatrice du projet INVENT.

INVENT s’est donné pour mission d’étudier dans quelle mesure la participation aux activités culturelles était ouverte à tous, indépendamment de la situation sociale, économique et géographique, afin de mettre en évidence les moyens de combler le fossé entre les ambitions politiques de l’UE et les réalités vécues.

«Ce n’est qu’avec des données solides et comparables que nous pourrons savoir ce qui fonctionne et concevoir des politiques qui changent la donne», ajoute Susanne Janssen.

Les significations et les valeurs de la culture

INVENT a combiné une enquête auprès de plus de 14 000 personnes avec plus de 200 entretiens. Ces données ont été complétées par une analyse du contenu des réseaux sociaux explorant les discussions culturelles et l’engagement en ligne, ainsi que par un «échantillonnage d’expériences» capturant en temps réel les expériences culturelles des participants.

L’un des principaux enseignements de l’étude est la grande diversité des conceptions de la «culture» dans les neuf pays européens considérés.

Les personnes interrogées en France et en Espagne avaient tendance à assimiler la culture à un enrichissement personnel ou à un développement individuel, tandis que celles du Royaume-Uni et des Pays-Bas considéraient la culture comme un ensemble d’habitudes quotidiennes et de modes de vie communs. Les participants croates ont fortement lié la culture aux institutions artistiques, et les Serbes l’ont associée aux bonnes manières. En revanche, les personnes interrogées au Danemark et en Finlande ont défini la culture au sens large, en termes d’activités humaines.

«La culture n’était pas un concept partagé, mais un patchwork de significations façonnées par l’histoire. Ces différences sont importantes car elles déterminent qui se sent concerné par les politiques culturelles, quelles formes de participation sont reconnues et soutenues, et la mesure dans laquelle les politiques sont liées à la vie quotidienne des gens», explique Susanne Janssen.

Les conclusions ont également mis en évidence que pour révéler des perspectives transnationales, la participation culturelle devait être précisée à travers l'engagement dans une série d'activités culturelles quotidiennes et liées aux arts, en ligne et hors ligne, plutôt que de traiter la culture comme un concept abstrait.

En examinant le rôle de la participation culturelle dans le soutien des valeurs sociétales, l'analyse a mis en évidence des liens forts mais nuancés.

La participation culturelle hors ligne (y compris les activités telles que la participation à des spectacles ou à des musées, les loisirs créatifs, les sorties au restaurant ou la visite de marchés de rue) a été positivement associée à la satisfaction de vivre, à l’ouverture culturelle, à l’ouverture politique, à la confiance dans le gouvernement et aux valeurs progressistes-libérales.

La participation à la culture numérique, qui comprend des activités telles que la création de contenu culturel, la diffusion de musique en continu ou la visite d’expositions en ligne, a montré des corrélations positives similaires, bien qu’une forte consommation de divertissement, comme les jeux en ligne et le visionnage de vidéos, ait été associée à une moindre satisfaction dans la vie. L'utilisation des réseaux sociaux, en revanche, était associée à une baisse de la confiance et de l'ouverture politique, soulignant ainsi à quel point les environnements en ligne peuvent renforcer les divisions.

«La participation culturelle peut ouvrir des portes à la tolérance, à la solidarité et à l’empathie», confie Susanne Janssen, «mais elle peut aussi amplifier les divisions sociales si elle n’est pas soutenue par des politiques inclusives et des opportunités équitables.»

Renforcer les communautés, pas uniquement les économies

Si les différences de participation culturelle reflètent largement les inégalités sociales sous-jacentes en Europe, une analyse plus poussée a révélé que les contextes nationaux peuvent soit renforcer, soit atténuer ces fractures.

«Par exemple, les niveaux plus élevés de participation culturelle observés dans les différents groupes démographiques au Danemark et en Suisse indiquent une plus grande égalité d’accès à la vie culturelle, indépendamment du contexte socio-économique. En revanche, en Serbie, en Croatie et en Espagne, les taux de participation de la classe ouvrière et des personnes dont le niveau d’éducation est moins élevé, étaient plus faibles, ce qui suggère une inégalité d’accès», explique Susanne Janssen.

Dans ce contexte, INVENT appelle à des politiques culturelles plus inclusives, fondées sur des données probantes et reflétant la diversité des expériences vécues par les individus, plutôt qu’à des approches uniformes. Il recommande également de renforcer la collecte de données sur la culture à l’échelle de l’UE, avec notamment un Eurobaromètre spécifique sur la participation culturelle et le bien-être.

«La participation culturelle favorise le bien-être mental, émotionnel et social. Mais pour en tirer profit, il convient d’investir davantage dans les pratiques culturelles quotidiennes et communautaires, et pas uniquement dans les grandes institutions et les économies créatives», conclut Susanne Janssen.

Celle-ci considère la nouvelle Boussole culturelle pour l’Europe de 2025 comme une avancée prometteuse, car elle intègre plus clairement la culture dans les politiques sociales et numériques de l’UE, en soulignant le potentiel d’impact positif de la culture et en combattant les inégalités d'accès.

PDF Basket

Aucun article sélectionné

Détails du projet

Acronyme du projet
INVENT
N° du projet
870691
Coordinateur du projet: Pays-Bas
Participants au projet:
Croatie
Danemark
Finlande
France
Israël
Pays-Bas
Serbie
Espagne
Suisse
Coûts totaux
€ 2 999 875
Contribution de l’UE
€ 2 999 875
Durée
-

Voir aussi

More information about project INVENT

All success stories